Quand on analyse automatiquement le site d'une commune, les mêmes défauts reviennent presque à chaque fois. Ils se corrigent le plus souvent en quelques endroits du site, par le prestataire qui l'a réalisé. Voici lesquels, ce qu'ils changent pour les visiteurs, et comment les traiter.
Ce que nous avons observé
Entre le 20 et le 28 octobre 2026, nous avons analysé automatiquement la page d'accueil de 179 sites de communes et d'intercommunalités, dans les Bouches-du-Rhône, l'Aisne et la Drôme. Les sites qui ne répondaient pas, ou qui n'étaient pas celui de la commune, sont exclus.
- 134 sites sur 179 (75 %) comptaient au moins un texte au contraste insuffisant.
- 127 sites sur 179 (71 %) comptaient au moins un lien sans intitulé.
- 53 sites sur 179 (30 %) comptaient au moins une image sans alternative textuelle.
Au total, 168 sites sur 179 présentaient au moins l'un de ces trois défauts. Six sites n'avaient aucun défaut détecté par l'analyse automatique.
Ces chiffres sont une indication, pas un verdict. L'échantillon n'est pas représentatif, l'analyse porte sur la seule page d'accueil et couvre environ un tiers des critères du RGAA. Ces trois défauts sont les plus fréquents, mais ils ne disent pas si un site est conforme.
1. Des textes trop pâles pour être lus
Le problème. Le texte et son fond ne sont pas assez contrastés. C'est pénible pour une personne malvoyante, mais aussi pour tout le monde sur un écran de téléphone en plein soleil. Le critère 3.2 du RGAA reprend la règle internationale : un rapport de contraste d'au moins 4,5 pour 1 pour un texte courant, et 3 pour 1 pour un grand texte, c'est-à-dire d'environ 24 pixels ou plus, ou 18,7 pixels ou plus en gras, selon WebAIM. Le critère 3.3 applique 3 pour 1 aux composants d'interface, comme un bouton ou un champ.
Un exemple. Sur l'un des sites analysés, 30 textes étaient en cause. Les boutons affichaient du blanc sur un bleu clair, #6AD0F6, soit un contraste de 1,75 pour 1. Un bleu plus soutenu, #0A7DA8, donne 4,65 pour 1 avec le même texte blanc : le seuil est atteint, et le bouton reste bleu. Parmi les sites concernés, le nombre médian de textes en cause est de 11 : une même couleur ou un même composant en produit souvent plusieurs.
Comment corriger.
- Repérer les couleurs principales du site (couleur d'accent, boutons, titres, liens) dans la feuille de style ou dans les réglages du thème.
- Mesurer chaque couple texte et fond avec un outil de vérification du contraste, puis foncer le texte ou éclaircir le fond jusqu'à atteindre le seuil.
- Ne pas oublier les états au survol et au clic, le texte posé sur une photo, et le texte indicatif des champs de formulaire. L'outil automatique mesure mal le texte posé sur une image : à regarder à l'œil.
2. Des liens qui ne disent pas où ils mènent
Le problème. Un lien n'a pas de texte, ou son texte n'est pas lu par les outils d'assistance. Une personne qui navigue avec un lecteur d'écran entend « lien », voire l'adresse brute, sans savoir ce qu'il ouvre. Le critère 6.2 du RGAA demande que chaque lien ait un intitulé, et le critère 6.1 qu'il soit explicite.
Où on le trouve. Parmi les exemples relevés dans les sites analysés :
- des logos de partenaires dans un carrousel, sans texte ni description ;
- un pictogramme cliquable seul, comme la loupe de recherche ;
- une vignette d'actualité entièrement cliquable, sans texte dans le lien ;
- les flèches « précédent » et « suivant » d'un diaporama.
Comment corriger.
- Si le lien contient une image, donner à cette image un texte alternatif qui décrit la destination, par exemple le nom du partenaire, et non « logo ».
- Si le lien est un pictogramme, ajouter un
aria-label(« Rechercher », « Actualité précédente ») ou un texte masqué visuellement mais lu par les lecteurs d'écran. - Si le lien entoure un titre et une image, ne décrire la destination qu'une seule fois : l'image reçoit alors un texte alternatif vide.
- Éviter les intitulés qui ne veulent rien dire hors contexte, comme « en savoir plus » répété vingt fois.
3. Des images sans description
Le problème. Une image n'a pas d'alternative textuelle. Une personne aveugle ou malvoyante ne reçoit alors aucune information, qu'il s'agisse d'une photo d'événement ou d'une affiche. Le critère 1.1 du RGAA demande que chaque image porteuse d'information ait une alternative textuelle.
Comment corriger.
- Trier les images en deux familles. L'image qui apporte une information reçoit un texte alternatif court et précis. L'image purement décorative reçoit un attribut
altvide, pour que les lecteurs d'écran l'ignorent. - Pour une affiche, reprendre à l'écrit ce qu'elle dit : l'événement, la date, le lieu. Si le texte est déjà à côté de l'image, l'alternative peut rester brève.
- Se méfier du
altvide posé par habitude sur toutes les images d'un modèle de page. L'outil détecte l'absence de l'attribut, pas le fait qu'une affiche ait été déclarée décorative : cela se vérifie à la main.
Ce que ces corrections ne règlent pas
Corriger ces trois défauts améliore concrètement le site, mais ne le rend pas conforme pour autant. Les tests automatiques couvrent environ un tiers des critères du RGAA. Il reste notamment la navigation au clavier, la pertinence des textes alternatifs, les formulaires et les documents PDF, qui demandent un examen humain.
Il reste aussi les obligations de publication : déclaration d'accessibilité, niveau de conformité sur la page d'accueil, schéma pluriannuel et plan d'actions annuel. Elles sont détaillées dans l'article sur ce que la loi exige du site d'une mairie. Dans notre échantillon, 110 sites sur 179 n'affichaient aucun lien vers une déclaration d'accessibilité depuis l'accueil, et 156 sur 179 n'indiquaient pas leur niveau de conformité. « Aucun lien trouvé » ne prouve pas l'absence de déclaration : elle peut exister sous un autre intitulé.
Par où commencer ?
- Mesurer. Un scan automatique donne en quelques secondes la liste des défauts, leur nombre et des exemples précis.
- Transmettre la liste au prestataire du site. Chaque défaut s'accompagne de l'endroit où il se trouve et d'une correction possible.
- Contrôler après correction. Relancer l'analyse pour vérifier que les défauts ont disparu et qu'aucun autre n'est apparu.
- Faire évaluer le site par un audit RGAA. La déclaration d'accessibilité annonce un niveau de conformité, qui doit reposer sur une évaluation complète.
Cet article donne une information générale. Il ne remplace pas l'avis d'un juriste ni un audit d'accessibilité.